La Commission européenne a élargi le dossier ouvert il y a sept ans contre l'Espagne pour ne pas avoir permis aux citoyens non-résidents de bénéficier d'une réduction d'impôt sur le revenu locatif immobilier.
La procédure disciplinaire remonte à mars 2019, lorsque Bruxelles a adressé une première lettre de mise en demeure aux autorités espagnoles, leur demandant de corriger les irrégularités.
Les services de l'UE expliquent que les contribuables résidents bénéficient d'une réduction pouvant atteindre 60 % de la base imposable provenant des revenus locatifs, alors que les non-résidents ne sont pas éligibles à cette déduction.
De l’avis de la Commission, cette différence de traitement fiscal constitue une « restriction à la libre circulation des capitaux », et elle regrette que l’Espagne n’ait pas modifié sa législation pour éliminer cette discrimination, malgré un dialogue en cours avec l’institution de l’UE.
La Commission relève également qu'en 2025, le gouvernement a introduit des modifications qui ne règlent pas le problème. Au contraire, ces mesures ont pour effet que seuls les résidents peuvent bénéficier de déductions allant de 20 % à 90 % de la base imposable provenant de la location de biens immobiliers, perpétuant ainsi une discrimination à l'encontre des non-résidents.
Bruxelles donne donc à l’Espagne deux mois pour « répondre et remédier » à ces manquements. Si l’Espagne ne se conforme pas à cette injonction, la Commission pourra engager la procédure d’infraction suivante, en émettant un avis motivé. Ceci ouvrirait une dernière période de dialogue avant que, si le manquement persiste, l’affaire ne soit portée devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
L’avocat Alejandro del Campo a exhorté les propriétaires non-résidents, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE, via les médias sociaux à envisager de demander la rectification de leurs auto-évaluations (formulaire 210) et de réclamer des remboursements pour les paiements indus avant que leurs droits n’expirent.


