Recevoir son salaire et constater qu'il manque de l'argent est toujours désagréable, et bien souvent, il ne s'agit pas d'une erreur administrative, mais d'une saisie sur salaire. Cette saisie peut être ordonnée dans le cadre d'une procédure judiciaire lorsqu'un jugement exécutoire a été rendu en faveur d'un créancier, ou directement par l'administration fiscale (service des impôts ou sécurité sociale) lorsque des dettes font l'objet d'un recouvrement.
Cependant, tout n'est pas permis. La loi fixe des limites très claires et protège une partie du salaire afin de garantir la subsistance du travailleur. De plus, les augmentations du salaire minimum interprofessionnel (SMI), telles que celle introduite par le décret royal 126/2026 du 18 février, modifient les montants qui peuvent être retenus.
Peuvent-ils saisir la totalité de votre salaire ?
L'article 27.2 du Statut des travailleurs dispose que le salaire minimum, mensuel et annuel, est insaisissable. Par ailleurs, l'article 607 du Code de procédure civile (LEC) précise qu'en règle générale, aucun salaire supérieur à ce montant ne peut être saisissable.
En prenant comme référence le salaire minimum en vigueur en 2026, fixé à 1 221 € par mois en quatorze versements ( 17 094 € par an ), ce montant constitue le plafond légal de saisie. Bien que le salaire minimum soit exprimé en montant brut, le calcul de la saisie se base sur le montant net effectivement perçu, après déductions. Si votre salaire net ne dépasse pas ces montants, il ne peut faire l'objet d'une saisie.
Combien peuvent-ils saisir si vous êtes payé en quatorze versements ?
Lorsque le salaire dépasse le salaire minimum, la saisie ne s'applique pas à la totalité du salaire, mais seulement à l'excédent qui excède le montant insaisissable équivalent au salaire minimum, divisé en différentes tranches auxquelles un pourcentage différent est appliqué progressivement et cumulativement :
| Revenu mensuel net perçu | Pourcentage saisissable |
|---|---|
| Jusqu'à 1 221 € | 0% |
| 1 221 € – 2 442 € | 30% |
| 2 442 € – 3 663 € | 50% |
| 3 663 € – 4 884 € | 60% |
| 4 884 € – 6 105 € | 75% |
| Plus de 6 105 € | 90% |
Les mois où un paiement extraordinaire est reçu, la partie non saisissante est calculée en prenant comme référence le double du SMI correspondant à un paiement mensuel ordinaire.
Et si vous receviez douze salaires par an ?
Lorsque vos paiements sont calculés au prorata, le salaire minimum mensuel s'élève à 1 424,50 €, réparti sur douze mensualités. Les seuils de maintien de la couverture sont donc ajustés. Par conséquent, les tranches de revenus sont également ajustées et se présentent comme suit :
| Revenu mensuel net perçu | Pourcentage saisissable |
|---|---|
| Jusqu'à 1 424,50 € | 0% |
| 1 424,50 € – 2 849,00 € | 30% |
| 2 849,00 € – 4 273,50 € | 50% |
| 4 273,50 € – 5 698,00 € | 60% |
| 5 698,00 € – 7 122,50 € | 75% |
| Plus de 7 122,50 € | 90% |
Peuvent-ils également saisir les commissions et les primes variables ?
Pour le calcul des saisies sur salaire, les commissions, les primes et toute rémunération variable assimilable à un salaire sont considérées comme faisant partie intégrante de votre rémunération. Le calcul est effectué mensuellement sur le montant net total perçu. Par conséquent, si vous percevez un montant supérieur au cours d'un mois donné en raison d'objectifs ou de primes, le montant saisi peut augmenter, car il sera recalculé en appliquant les barèmes correspondants.
Exemple pratique de calcul d'une saisie sur salaire
Pour mieux comprendre cela, prenons un exemple réaliste : un travailleur reçoit, après toutes les déductions effectuées sur son salaire, 3 000 euros en 14 versements.
Étape 1 : Déterminer la part insaisissable
Les premiers 1 221 euros, équivalents au montant du salaire minimum interprofessionnel en 2026, sont protégés.
Étape 2 : Calculer l’excédent et les sections
- 3 000 € – 1 221 € = 1 779 €
Le montant auquel les pourcentages seront appliqués sera de 1 779 euros, réparti en deux tranches : l’une de 1 221 euros, jusqu’à 2 442 euros ; et l’autre de 558 euros, soit la différence obtenue en soustrayant de 3 000 euros les 2 442 euros correspondant à la limite de la première tranche.
Étape 3 : Appliquer les pourcentages à chaque tranche
- Première tranche (1 221 € à 30 %) : 366,30 €
- Deuxième tranche (558 € à 50 %) : 279,00 €
En résumé
- Montant total saisi : 366,30 € + 279,00 € = 645,30 €
- Salaire net après saisie-arrêt : 3 000 € – 645,30 € = 2 354,70 €
Comment les responsabilités familiales ou la pension alimentaire affectent-elles la saisie sur salaire ?
Si le travailleur a des enfants, un conjoint sans revenu ou des personnes à charge à sa charge, le tribunal peut accepter, à la demande de la partie intéressée, une réduction de 10 % à 15 % des pourcentages applicables, à l'exception du dernier.
En revanche, il existe une exception importante à ce principe général : lorsque la saisie résulte du non-paiement de la pension alimentaire pour enfant, situation fréquente en droit de la famille. L’article 608 du Code de procédure civile espagnol (LEC) permet au tribunal de fixer le montant saisissable en fonction de la situation des parties. Dans ces cas, le salaire minimum n’est plus garanti.
Il est important de rappeler que l'obligation de verser une pension alimentaire ne prend pas fin automatiquement à la majorité de l'enfant (18 ans). Si ce dernier poursuit ses études et n'est pas financièrement indépendant, le versement de la pension alimentaire peut se poursuivre jusqu'à ce qu'il devienne pleinement autonome. Pour mettre fin à cette obligation, une requête légale doit être déposée, accompagnée de preuves démontrant que les conditions légales de maintien de la pension alimentaire ne sont plus remplies.
De plus, suite à la réforme introduite par la loi organique 1/2025, la pension compensatoire est intégrée à ce système, de sorte que la protection automatique du SMI ne s'applique pas non plus dans ces cas.
Comme on peut le constater, la saisie sur salaire est soumise à des règles très précises, et les plafonds sont révisés chaque année en fonction de l'évolution du salaire minimum. Connaître ces plafonds permet de vérifier l'exactitude des retenues et, le cas échéant, de demander un contrôle si le montant prélevé dépasse le plafond autorisé.





