Les loyers augmenteront à un rythme plus modéré
Les prix d'achat et de vente augmenteront de 10,06% en Catalogne cette année.
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L'UCI et Sira viennent de publier la 22e édition du Baromètre Immobilier – Sentiment du Marché des Professionnels de l'Immobilier – un rapport qui rassemble les prévisions des experts du secteur concernant les perspectives du marché immobilier résidentiel pour les mois à venir. Parmi les principales conclusions, on note une hausse de 4,61 % du nombre de ventes immobilières sur un an, ce qui pourrait permettre au pays de terminer 2025 avec près de 750 000 transactions à l'échelle nationale.

Prix élevés en Catalogne et à Barcelone, notamment

En termes de prix, la 22e édition du Baromètre immobilier prévoit une hausse moyenne nationale de 10% des prix de l'immobilier et de 8,6% des loyers.

Toutefois, la croissance devrait varier considérablement selon les régions. Les plus fortes hausses sont prévues dans la région de Murcie (15 %) et la Communauté valencienne (12,4 %), suivies de la Galice, de l'Andalousie et de la Catalogne, chacune avec une croissance prévue d'environ 10 %.

Concrètement, et conformément à la moyenne nationale, « les professionnels de l'immobilier prévoient une augmentation des prix de l'immobilier en Catalogne de 10,06 %, tandis que les loyers devraient augmenter de 4,57 % », selon le directeur du SIRA, Francis Fernández.

« Ces hausses sont principalement dues à une forte demande, alimentée par la baisse des taux d'intérêt, la construction de nouveaux logements et la demande croissante des acheteurs étrangers – émigrés et expatriés – qui choisissent de plus en plus l'Espagne comme lieu de résidence. Cette situation s'inscrit dans un contexte d'offre limitée, de pénurie de terrains constructibles et de difficultés administratives liées à la promotion de la construction de nouveaux logements », a expliqué Fernández.

Il a ajouté que Barcelone continue d'être un endroit très recherché, mais que la difficulté croissante de développer des terrains et de construire de nouveaux bâtiments crée une dynamique complexe, avec une offre limitée et une forte demande qui se combinent pour faire encore grimper les prix.

Concernant les prix de location dans la région, Fernández a noté que l'augmentation devrait être plus modérée en raison de la réglementation du marché et des plafonds de loyers dans les zones en difficulté, « ainsi que de la disponibilité réduite de propriétés locatives, puisque de nombreux propriétaires ont choisi de passer des locations traditionnelles à long terme aux locations de vacances. »

Baisse des transactions de loyers en raison du manque d'offre

Le Baromètre offre des informations supplémentaires, notamment la projection selon laquelle le marché locatif connaîtra une baisse de 7,3 % du nombre de transactions, principalement en raison de la pénurie persistante de logements disponibles.

Néanmoins, les prix des loyers devraient continuer d'augmenter, avec une hausse nationale prévue de 8,61 %. Ce chiffre témoigne d'un marché immobilier où la demande persistante continue de faire grimper les prix – tant à la vente qu'à la location – dans un contexte d'offre limitée.

En Catalogne, les transactions locatives devraient chuter de 9 %, dépassant la moyenne nationale. Selon l'expert de SIRA, cette baisse est une fois de plus imputable à des facteurs tels que le manque de logements disponibles et le déplacement continu des locations de longue durée vers les locations de vacances.

Logements à prix abordables dans les zones en difficulté

L'étude examine également les principaux défis structurels du secteur pour 2025. Parmi ceux-ci figure en tête la pénurie de logements – à la vente comme à la location – qui demeure la principale préoccupation des agents immobiliers. Parmi les autres enjeux clés figurent la nécessité de renforcer la sécurité juridique pour les propriétaires et d'accroître l'offre de logements à prix abordables dans les zones à forte demande, ou « en difficulté ».

Concernant ce dernier point, particulièrement urgent en Catalogne, Francis Fernández souligne l'importance d'une collaboration soutenue entre les secteurs public et privé. Il estime que pour remédier à cette pénurie, il faudra poursuivre les efforts visant à promouvoir le développement de logements sociaux et à prix abordables dans ces zones.

Un autre domaine clé est la nécessité d'encourager la rénovation des bâtiments, en particulier ceux actuellement sous-utilisés. À cet égard, la réglementation exigeant que 30 % des bâtiments rénovés soient affectés au logement social a eu une conséquence inattendue : elle a dissuadé les investissements dans la rénovation du parc locatif. Cette situation a entraîné une stagnation du parc locatif, marqué par des bâtiments vieillissants, peu performants sur le plan énergétique et mal adaptés aux besoins actuels du marché. Par conséquent, les entreprises de rénovation, qui emploient des centaines de personnes, subissent également les conséquences négatives du ralentissement de l'activité.

Une autre mesure positive pourrait être l'introduction d'incitations fiscales ou d'aides financières pour les projets de logements à prix abordables. De telles initiatives contribueraient à rééquilibrer le marché et à améliorer l'accès au logement dans les zones à forte demande.

Les professionnels de l’immobilier soulignent également la nécessité de faciliter l’accès au financement pour les primo-accédants, d’accroître le soutien public à la rénovation des logements, d’élargir la disponibilité des logements sociaux à la vente et d’augmenter le nombre de projets de rénovation pour respecter les engagements européens en matière de durabilité.