Le marché du logement neuf collectif à Valence traverse une période particulièrement difficile, marquée par une flambée des prix et une offre de plus en plus rare. Selon une étude du Foro Consultores Inmobiliarios, le prix moyen des logements a augmenté de 63 % ces trois dernières années, tandis que le prix au mètre carré a progressé jusqu'à 75 %, sous l'effet de la rareté des terrains disponibles et d'une forte demande.
L'étude, portant sur la période 2022-2025, met en évidence une flambée des prix sans précédent. Le coût moyen des logements analysés atteint désormais 347 000 €, contre un niveau similaire à celui d'il y a trois ans. Pour le type de bien le plus courant, une maison de trois chambres, le prix moyen s'établit à environ 394 000 €.
Le mètre carré : encore plus tendu
La hausse est encore plus marquée lorsqu'on examine les prix au mètre carré. La moyenne actuelle s'établit à 3 772 €/m², soit une augmentation de 75 % par rapport à 2022. Certains quartiers ont connu des flambées particulièrement importantes : à L'Olivereta et Jesús, les prix ont doublé, tandis qu'à Patraix, Benicalap et Quatre Carreres, on observe des hausses de 70 à 90 %. Seul Rascanya affiche une croissance modérée, d'environ 11 %.
Une offre très limitée pour une ville de cette taille
L'offre de logements neufs à Valence est limitée. La ville compte actuellement 43 programmes immobiliers neufs sur le marché, représentant un total de 2 072 logements. Parmi ceux-ci, seuls 839 sont encore disponibles à la vente, soit environ 40 % du total, un chiffre très faible pour une ville de près de 850 000 habitants.
Au rythme de vente moyen actuel de 2,2 logements par mois, le stock disponible serait épuisé en moins de neuf mois si aucun nouveau projet n'était mis sur le marché.
Répartition inégale par districts
La plupart des biens disponibles se concentrent à Quatre Carreres, Patraix et Campanar, qui représentent à eux seuls près de 46 % des logements à vendre. En revanche, aucun nouveau programme immobilier n'a été recensé dans des quartiers comme El Pla del Real, Algirós ou Benimaclet. À Ciutat Vella, un seul projet est en cours, comprenant huit logements, dont seulement quatre sont encore disponibles.
Certains quartiers ont également connu une réduction significative de l'offre par rapport à 2022. À Quatre Carreres, le nombre de logements neufs est passé de plus de 1 400 à moins de 500, tandis qu'à Patraix, il est passé de près de 600 unités à 260.
« Le manque de terrains disponibles est l'un des plus grands problèmes », explique Esther Abad, directrice pour la région Levante et Catalogne chez Foro Consultores Inmobiliarios. « À Valence, il reste très peu de terrains constructibles, et ceux qui sont disponibles sont très chers. De plus, la hausse des coûts de construction rend difficile le lancement de nouveaux projets. »
Sommes-nous en train d'atteindre la limite ?
La forte demande a entraîné des hausses de prix ces dernières années, même si des signes de ralentissement commencent à apparaître. « Ces trois ou quatre derniers mois, nous avons constaté que nous atteignions notre pic. Les ventes se poursuivent, mais avec un volume moindre qu'auparavant », remarque Abad.
Les différences de prix entre les quartiers restent marquées. Une maison moyenne à Poblats Marítims coûte environ 600 000 €, contre environ 200 000 € à Pobles del Sud. En termes de prix au mètre carré, Poblats Marítims atteint 6 000 €/m², tandis que Ciutat Vella et L'Eixample se situent autour de 5 500 €/m².
Des maisons plus petites et acheteur au profil moyen à élevé
Les logements de trois chambres restent les plus courants, représentant 46 % du total, suivis des logements de deux chambres (32 %) et des logements d'une chambre (13 %). Par rapport à 2022, on observe une nette tendance vers des logements plus petits, notamment dans les centres-villes, où le marché s'oriente de plus en plus vers les investisseurs.
Les propriétés analysées présentent une surface construite moyenne de 91,24 m², tandis que les maisons de trois chambres atteignent 108,63 m². Globalement, la tendance est à une réduction progressive de la surface habitable.
À Valence, les acheteurs sont majoritairement des locaux, disposant d'un pouvoir d'achat moyen à élevé, et acquérant souvent plusieurs biens immobiliers. Le retour des Valenciens ayant vécu ailleurs en Europe accentue également la pression sur un marché déjà restreint.