La Direction générale des impôts espagnole a répondu à une question fréquemment posée concernant les transactions familiales à dimension internationale : un don d’argent effectué en Espagne est-il imposable si l’enfant bénéficiaire réside à l’étranger ? La réponse est : oui, à condition que les fonds soient déposés sur un compte bancaire espagnol au moment du transfert.
Don d'argent d'Espagne à un enfant à l'étranger
Le cas analysé dans la décision contraignante V2129-25 (en espagnol) du 11 novembre 2025 repose sur un scénario courant : un parent transfère de l’argent à son enfant résidant au Royaume-Uni. La question est de savoir si le bénéficiaire, bien que résidant à l’étranger, doit s’acquitter des droits de succession et de donation en Espagne.
L'administration fiscale espagnole est claire : la transaction est imposable en Espagne. Le facteur déterminant n'est pas le lieu de résidence du bénéficiaire, mais la localisation des fonds au moment du don.
Obligation réelle de dons aux non-résidents
La loi espagnole 29/1987 relative aux droits de succession et de donation stipule que le bénéficiaire est tenu de s'acquitter de ces droits. Toutefois, si le bénéficiaire ne réside pas en Espagne, une exception importante s'applique : la notion d'« obligation effective ».
Cela signifie que les non-résidents en Espagne ne sont imposés que sur les biens et droits situés en Espagne. Point essentiel, l'administration fiscale espagnole (DGT) considère que les fonds conservent un lien territorial avec l'Espagne car ils sont détenus sur un compte bancaire espagnol au moment du don.
La résidence de l'enfant ne l'exempte pas de l'impôt sur les donations en Espagne.
L'une des conclusions les plus claires de cette décision est que la résidence à l'étranger n'offre aucune immunité fiscale en Espagne dans ces cas. L'administration fiscale souligne que ce qui importe n'est pas le lieu de résidence de l'enfant, mais plutôt le lieu où se trouvent les fonds au moment du don.
Cela dissipe une idée reçue très répandue : celle selon laquelle s’installer à l’étranger permettrait d’échapper à l’impôt en Espagne. En réalité, les non-résidents restent imposables sur les biens situés sur le territoire espagnol.
Respect du droit européen : le droit aux avantages régionaux
Même si le contribuable n'est pas résident de la Communauté autonome, il peut choisir d'appliquer la réglementation en vigueur dans cette communauté, ce qui, selon les dispositions spécifiques en vigueur, peut entraîner des économies d'impôt importantes.
Il ne s'agit pas d'une disposition discrétionnaire, mais elle résulte plutôt de la deuxième disposition complémentaire de la loi 29/1987, introduite pour adapter la législation espagnole à l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) du 3 septembre 2014. Cet arrêt a obligé l'Espagne à éliminer la discrimination à l'égard des non-résidents et à leur accorder l'accès aux mêmes avantages fiscaux qu'aux résidents.
Toutefois, ce droit ne relève pas d'un libre choix. La communauté autonome compétente doit être déterminée selon des critères juridiques objectifs définis par la réglementation.
Dans le cas des dons monétaires – qui sont classés comme biens meubles – la loi prévoit que le bénéficiaire peut appliquer la réglementation de la Communauté autonome dans laquelle l'argent se trouvait pendant la majeure partie des cinq années précédant le don.
Ce calcul doit impérativement être effectué à partir de la date limite pertinente jusqu'à la veille du transfert. Il s'agit d'un facteur crucial, car il détermine directement le montant final de l'impôt.
Il est également important de noter que cette option s'applique sans restriction. Si le bénéficiaire choisit la réglementation régionale, il doit se conformer à toutes les dispositions de la communauté autonome concernée – y compris les réductions, les tranches d'imposition et les abattements – sans pouvoir les cumuler avec des éléments du système national. Par conséquent, le suivi des fonds au cours des cinq dernières années n'est pas un détail mineur, mais bien un facteur juridique essentiel pour un traitement fiscal juste et optimal.
Comment un don doit-il être déclaré si le bénéficiaire n'est pas résident des États-Unis ?
Dans ces cas, une différence majeure apparaît : si le contribuable peut appliquer la réglementation d’une communauté autonome, l’administration fiscale demeure la responsabilité de l’État. Il en résulte une séparation entre les règles applicables et l’autorité compétente, un aspect particulièrement important lors de la planification de telles opérations.
L'auto-évaluation doit être soumise aux autorités fiscales espagnoles au moyen du formulaire 651. En effet, il n'existe pas de point de contact régional pour les contribuables non-résidents, c'est pourquoi le processus est centralisé au niveau national.
Aspects fiscaux importants des dons monétaires internationaux
Cette décision réaffirme un principe du droit fiscal international : en matière de donations monétaires, l’imposition dépend principalement du lieu où se trouvent les fonds au moment du transfert. La résidence du bénéficiaire devient secondaire si le bien présente un lien manifeste avec l’Espagne.
Par conséquent, une planification rigoureuse est indispensable avant d'effectuer de telles transactions. La localisation des fonds, leur performance ces dernières années et la réglementation applicable peuvent avoir une incidence significative sur la charge fiscale finale, notamment compte tenu du renforcement de la traçabilité et du contrôle exercé par les autorités fiscales.


