L'impôt espagnol sur les successions (Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones – ISD) est un impôt dû par les héritiers qui reçoivent des biens situés en Espagne. Son montant dépend de la valeur de l'héritage, du lien de parenté entre l'héritier et le défunt, et de la communauté autonome concernée. Les résidents comme les non-résidents peuvent être assujettis. Nous vous expliquons tout.
Dernière mise à jour : mars 2026
- Impôt sur les successions en Espagne : points clés (2026)
- Qu'est-ce que l'impôt sur les successions en Espagne ?
- Qui doit payer des droits de succession en Espagne ?
- Quel est le montant des droits de succession en Espagne ?
- Comment sont calculés les droits de succession en Espagne ?
- Quel montant d'héritage peut-on percevoir sans impôt en Espagne ?
- Droits de succession en Espagne selon le lien de parenté
- Les conjoints paient-ils des droits de succession en Espagne ?
- Droits de succession en Espagne pour les non-résidents
- Quel est le délai pour payer les droits de succession en Espagne ?
- Impôts successoraux en Espagne et au Royaume-Uni : principales différences
- Comment fonctionne la réserve héréditaire en Espagne ?
- Exemples pratiques de l'impôt espagnol sur les successions
- Erreurs courantes commises par les étrangers concernant les droits de succession espagnols
- Est-il possible de réduire les droits de succession en Espagne ?
- Qui devrait revoir sa planification successorale en Espagne ?
- Résumé final : comment fonctionne l’impôt sur les successions en Espagne
Impôt sur les successions en Espagne : points clés (2026)
- Nom officiel : Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones (ISD)
- Payé par : le bénéficiaire (et non la succession)
- Taux d'imposition étatiques : de 7,65 % à 34 % (avant réductions régionales)
- Réductions régionales : oui – varient selon la communauté autonome
- S'applique aux non-résidents : oui (sur les actifs espagnols)
- Délai de dépôt : 6 mois à compter de la date du décès
- Géré par : l'Agence fiscale et les autorités fiscales régionales
Qu'est-ce que l'impôt sur les successions en Espagne ?
Les droits de succession en Espagne sont un impôt progressif prélevé sur les personnes qui héritent de biens après le décès d'une personne. Ils s'appliquent aux biens immobiliers, aux comptes bancaires, aux placements, aux parts d'entreprises et à d'autres actifs.
Contrairement à certains pays comme le Royaume-Uni, la succession n'est pas imposée. Chaque héritier est imposé individuellement sur la valeur de son héritage.
Qui doit payer des droits de succession en Espagne ?
Vous pourriez devoir payer des droits de succession espagnols si :
- Vous héritez d'un bien situé en Espagne
- Vous héritez de biens d'une personne résidant en Espagne.
- Vous résidez en Espagne et héritez de biens répartis dans le monde entier.
Les résidents espagnols sont imposés sur les successions mondiales. Les non-résidents ne sont imposés que sur les biens situés en Espagne.
Quel est le montant des droits de succession en Espagne ?
Les taux de l'impôt sur les successions en Espagne varient de 7,65 % à 34 % au niveau national, avant ajustements régionaux.
Le montant final dépend de :
- La valeur de l'héritage
- Votre lien de parenté avec le défunt
- Votre patrimoine préexistant
- La communauté autonome impliquée
Dans certaines régions, les parents proches paient très peu d'impôts. Dans d'autres, ces impôts peuvent être nettement plus élevés.
Taux d'imposition successorale en Espagne (au niveau de l'État)
| Montant imposable (€) | Taux d'imposition |
|---|---|
| Jusqu'à 7 993 € | 7,65 % |
| 7 993 € – 31 956 € | 7,65 %–10,2 % |
| 31 956 € – 79 881 € | 10,2 %–15,3 % |
| 79 881 € – 239 389 € | 15,3 %–21,25 % |
| 239 389 € – 797 555 € | 21,25 %–25,5 % |
| Plus de 797 555 € | Jusqu'à 34 % |
Il s'agit des taux de base nationaux. Les gouvernements régionaux appliquent leurs propres réductions et abattements.
Pourquoi les règles régionales sont-elles importantes en matière de droits de succession espagnols ?
L'Espagne compte 17 Communautés Autonomes (Comunidades Autónomas), chacune ayant le pouvoir de modifier les abattements et les réductions en matière de droits de succession.
Par exemple:
- Madrid propose jusqu'à 99 % de réduction pour les conjoints et les enfants.
- L'Andalousie offre des abattements fiscaux généreux pour les parents proches.
- La Catalogne applique des réductions structurées basées sur la valeur
- Valence applique différents régimes d'allocations et multiplicateurs de patrimoine.
Deux héritages identiques dans des régions différentes peuvent donner lieu à des factures fiscales très différentes.
Comment sont calculés les droits de succession en Espagne ?
Les droits de succession espagnols sont calculés en trois étapes :
- Déterminez la valeur nette de l'héritage, incluant les biens (à leur valeur fiscale), les comptes bancaires, les placements, les véhicules et les participations commerciales. Les dettes peuvent être déduites.
- Appliquer des taux d'imposition progressifs au niveau de l'État compris entre 7,65 % et 34 %.
- Appliquer des réductions régionales et des multiplicateurs de patrimoine en fonction des liens de parenté, de l'âge, du statut d'invalidité et du patrimoine existant.
L'étape régionale a souvent l'incidence la plus importante sur le montant final de l'impôt à payer.
Quel montant d'héritage peut-on percevoir sans impôt en Espagne ?
Il n'existe pas d'abattement fiscal national unique en Espagne.
Le montant exonéré d'impôt dépend de :
- La communauté autonome
- Votre lien de parenté avec le défunt
- Votre âge
- Statut d'invalidité
- Législation régionale
Dans des régions comme Madrid et l'Andalousie, les conjoints et les enfants peuvent bénéficier d'une réduction allant jusqu'à 99 %.
Droits de succession en Espagne selon le lien de parenté
Le droit espagnol divise les héritiers en quatre groupes :
- Groupe I : enfants de moins de 21 ans
- Groupe II : enfants de plus de 21 ans, conjoints, parents
- Groupe III : frères et sœurs, neveux/nièces, beaux-parents
- Groupe IV : bénéficiaires sans lien de parenté
Les parents proches bénéficient de réductions plus importantes et de coefficients multiplicateurs plus faibles. Les parents éloignés et les bénéficiaires sans lien de parenté paient généralement davantage.
Les conjoints paient-ils des droits de succession en Espagne ?
Oui, les conjoints sont soumis aux droits de succession en Espagne. Cependant, de nombreuses communautés autonomes accordent des réductions importantes aux conjoints.
À Madrid, par exemple, les conjoints peuvent bénéficier d'une réduction de 99 %. Dans d'autres régions, la réduction peut être moindre.
Le résultat final dépend de la région où résidait le défunt.
Droits de succession en Espagne pour les non-résidents
Les non-résidents doivent payer l'impôt successoral espagnol sur les biens situés en Espagne.
Cela comprend :
- L'immobilier en Espagne
- Comptes bancaires espagnols
- Investissements espagnols
Les non-résidents doivent obtenir un numéro NIE, soumettre la déclaration de succession et payer dans un délai de six mois.
Suite aux décisions des tribunaux de l’UE, de nombreux non-résidents peuvent appliquer les règles fiscales régionales, mais il est recommandé de consulter un professionnel.
Quel est le délai pour payer les droits de succession en Espagne ?
Les droits de succession doivent être déclarés et payés dans les six mois suivant la date du décès.
Une prolongation supplémentaire de six mois peut être demandée au cours des cinq premiers mois.
Tout retard de paiement peut entraîner des frais d'intérêt, des pénalités et des majorations.
Impôts successoraux en Espagne et au Royaume-Uni : principales différences
| Espagne | Royaume-Uni |
|---|---|
| Payé par le bénéficiaire | Payé par la succession |
| Variations régionales | Système national |
| Taux 7,65 % à 34 % (avant réductions) | Taux standard de 40 % |
| Délai de six mois | Obligation de rapport semestriel |
| La réserve héréditaire s'applique | Liberté testamentaire |
Les personnes possédant des biens dans les deux pays devraient solliciter des conseils en matière de planification successorale transfrontalière.
Comment fonctionne la réserve héréditaire en Espagne ?
En vertu du Code civil espagnol, une partie du patrimoine doit être transmise aux enfants. C'est ce qu'on appelle la « legítima ».
Toutefois, en vertu du règlement (UE) n° 650/2012, de nombreux ressortissants étrangers résidant en Espagne peuvent opter pour que la loi de leur nationalité s'applique à leur succession.
Ce choix a une incidence sur les héritiers, mais il n'exonère pas des obligations fiscales liées aux successions en Espagne.
Exemples pratiques de l'impôt espagnol sur les successions
- Exemple 1 : un résident britannique hérite d’un bien immobilier d’une valeur de 350 000 € en Andalousie. Les droits de succession espagnols doivent être déclarés dans un délai de six mois. Des abattements régionaux peuvent réduire considérablement le montant des droits dus.
- Exemple 2 : un résident fiscal espagnol hérite de placements britanniques. L’Espagne peut imposer cet héritage mondial, même si un allègement de la double imposition peut s’appliquer.
Erreurs courantes commises par les étrangers concernant les droits de succession espagnols
- Supposer que la succession paie l'impôt
- Ne pas respecter du délai de dépôt de six mois
- Ignorer les réductions régionales
- Échec de l'obtention d'un numéro NIE
- Ne pas réviser les règles de réserve héréditaire
- Négliger les considérations de double imposition
La planification anticipée réduit les risques financiers et les retards.
Est-il possible de réduire les droits de succession en Espagne ?
Il est impossible d’éviter légalement les droits de succession, mais il est souvent possible de les réduire grâce à une planification adéquate.
Les stratégies courantes comprennent :
- Rédiger un testament espagnol
- Examen des résidences régionales
- Planification des donations du vivant (soumises à l'impôt sur les donations)
- Utilisation des structures d'assurance-vie
- Coordination de la planification successorale espagnole et étrangère
Il est fortement recommandé aux familles transfrontalières de solliciter l'avis d'un professionnel.
Qui devrait revoir sa planification successorale en Espagne ?
Vous devriez revoir votre planification successorale si vous :
- Posséder une propriété en Espagne
- Prennez votre retraite en Espagne
- Vous êtes un expatrié britannique ou européen vivant en Espagne
- Vous avez des enfants héritant de biens espagnols
- Détenez des actifs à la fois en Espagne et dans un autre pays
Résumé final : comment fonctionne l’impôt sur les successions en Espagne
En Espagne, les droits de succession (Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones – ISD) sont à la charge du bénéficiaire et varient selon la valeur du patrimoine hérité, le lien de parenté et la communauté autonome concernée. Si les taux nationaux oscillent entre 7,65 % et 34 %, des abattements régionaux peuvent réduire considérablement la charge fiscale pour les parents proches. Les résidents comme les non-résidents peuvent être concernés, et le délai de déclaration est de six mois à compter du décès.
Il est essentiel pour les étrangers possédant des biens en Espagne de bien comprendre les règles régionales et de planifier à l'avance.




