Dernières évolutions (21 janvier 2026) :
- Le bilan s'alourdit : les autorités font état de 42 morts confirmés et de plus de 150 blessés dans l'accident ferroviaire d'Adamuz. Les opérations de secours se poursuivent.
- Opérations de récupération en cours : des engins lourds et des chiens renifleurs sont utilisés pour fouiller les décombres à la recherche d'autres victimes.
- Réaction syndicale : le principal syndicat des conducteurs de train espagnols a appelé à une grève nationale pour exiger des mesures de sécurité améliorées.
- Perturbations du trafic ferroviaire : toutes les liaisons à grande vitesse entre Madrid et l’Andalousie restent suspendues ; les prix des transports alternatifs ont augmenté, ce qui a incité le gouvernement à lancer des avertissements.
- Accident secondaire : un autre accident ferroviaire près de Barcelone a fait au moins un mort et plusieurs blessés, soulevant des inquiétudes plus générales quant à la sécurité.
- Enquête en cours : les autorités examinent des défaillances de l’infrastructure ferroviaire ; aucune cause définitive n’a été déterminée.
Le dimanche 18 janvier 2026 au soir, le sud de l'Espagne a été secoué par l'une des catastrophes ferroviaires les plus meurtrières de ces dernières années. Près de la ville d'Adamuz, dans la province de Cordoue, deux trains à grande vitesse sont entrés en collision dans un accident catastrophique. L'ampleur du désastre, conjuguée aux opérations de secours en cours et aux inquiétudes croissantes concernant la sécurité, a profondément marqué le pays. Voici ce que nous savons à ce jour.
Comment l'accident s'est produit
Vers 19h45 CET, un train à grande vitesse Iryo reliant Malaga à Madrid a déraillé près d'Adamuz. Trois de ses voitures ont quitté les rails et se sont retrouvées sur la voie opposée, empruntée par un autre train à grande vitesse, un Renfe Alvia, en direction de Huelva. La collision entre les deux trains a été violente ; sous le choc, les premières voitures de l'Alvia ont dévalé un talus de plusieurs mètres.
Il s'agirait de la toute première collision frontale entre trains à grande vitesse sur le vaste réseau AVE espagnol et de l'un des accidents ferroviaires les plus graves du pays depuis la catastrophe de Saint-Jacques-de-Compostelle en 2013. Les enquêteurs s'intéressent particulièrement à l'intégrité de la voie, notamment à un joint de rail potentiellement défectueux. Les autorités soulignent que la cause de l'accident n'a pas encore été déterminée.
Victimes et intervention d'urgence
Le bilan officiel s'élève désormais à 42 morts confirmés, parmi lesquels des passagers des deux trains et au moins un conducteur, et plus de 150 blessés. Les équipes de secours poursuivent leurs recherches dans les décombres à l'aide d'engins lourds, de grues et de chiens de recherche afin de retrouver d'autres victimes.
Plusieurs hôpitaux d'Andalousie, et aux alentours, ont été mobilisés pour soigner les blessés. Les autorités locales, notamment le gouvernement régional andalou, ont installé des tentes médicales et des centres d'accueil pour les survivants et leurs familles. Les habitants d'Adamuz se sont également mobilisés pour fournir de l'eau, des couvertures et de l'aide.
Suite à cet accident et à un autre survenu près de Barcelone, le plus grand syndicat de conducteurs de train d'Espagne a appelé à une grève nationale, exigeant des mesures de sécurité améliorées et une plus grande responsabilisation au sein du système ferroviaire.
Déclarations officielles et enquête
Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, a qualifié l'accident d'« extrêmement étrange et difficile à expliquer », soulignant que le déraillement s'était produit sur une portion de voie rectiligne entièrement rénovée il y a moins d'un an et que le train Iryo impliqué était relativement récent. Il a appelé à la prudence face à toute spéculation, le temps qu'une enquête indépendante soit menée.
Les autorités ont pour l'instant écarté la vitesse excessive comme cause de l'accident, soulignant que les deux trains circulaient dans les limites autorisées au moment de la collision. Une commission d'enquête sur les accidents ferroviaires a été chargée de déterminer le déroulement précis des événements et les causes sous-jacentes. Les premières investigations se concentrent sur d'éventuels défauts de l'infrastructure ferroviaire.
Impact sur les services ferroviaires
Le trafic ferroviaire à grande vitesse entre Madrid et l'Andalousie reste suspendu le temps du déneigement et de l'inspection des voies. Les voyageurs munis de billets pour les services concernés sont pris en charge pour les remboursements ou les solutions de voyage alternatives.
L'accident a également perturbé d'autres services de transport, certains passagers signalant des hausses de prix sur des moyens de transport alternatifs tels que les bus et les avions. Les autorités ont mis en garde contre les pratiques tarifaires abusives.
Comment aider et soutenir
Des lignes d'assistance téléphonique ont été mises en place par Adif, Renfe et les autorités régionales pour aider les familles à rechercher des informations sur leurs proches et pour coordonner les services de soutien :
- Ligne d'information Adif : 900 101 020
- Aide complémentaire (Renfe) : 910 150 000
Dans les heures qui ont suivi l'accident, les autorités sanitaires andalouses ont lancé un appel urgent aux dons de sang, notamment pour les groupes sanguins O négatif, O positif et A positif. Les hôpitaux de Cordoue et des villes voisines ont étendu les horaires d'ouverture de leurs centres de transfusion sanguine. Les autorités insistent sur le fait que, dans ce genre de situation d'urgence, même un seul don peut sauver plusieurs vies.
Une nation en deuil
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a déclaré que le pays était en deuil suite à cette tragédie, et les drapeaux devraient être mis en berne dans tout le pays en signe de deuil pour les victimes.