Contrats de location en Espagne : les infractions les plus courantes des propriétaires et locataires

Une étude de l'Agence de négociation locative résume les mauvaises pratiques des propriétaires et des locataires à prendre en compte lors de la location en Espagne.

Gtres
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2 décembre 2020, Rédaction

C'est en période d'incertitude et de crise que les escroqueries deviennent de plus en plus évidentes et que de nombreuses personnes dans de nombreux domaines enfreignent les règles et les lois pour leur bénéfice personnel. C'est également vrai dans le cas du marché locatif en Espagne et c'est un problème qui est accentué par la crise du coronavirus.

Telle est la conclusion à laquelle est parvenu l'ANA (Agencia Negociadora del Alquiler, agence de négociation locative en français), où les experts déclarent avoir détecté une « augmentation considérable des locataires et des propriétaires qui, dans le cadre des circonstances exceptionnelles générées par la pandémie de COVID-19, tentent de trouver des raccourcis pour contourner ou violer directement la loi sur la location urbaine (LAU) ».

Afin d'éviter les problèmes, la société dirigée par José Ramón Zurdo a décidé de résumer dans une étude récente ce que sont les « fautes professionnelles  » les plus fréquentes des propriétaires et des locataires en Espagne et comment elles aboutissent à une rupture du contrat de location.

Fréquentes infractions des propriétaires

Demander plus de deux mois de garanties supplémentaires

L'étude explique qu'il est courant que les propriétaires en Espagne qui louent un bien, confrontés à la peur de la défaillance du locataire, veuillent s'assurer le paiement du loyer dès le départ et par conséquent, demandent souvent plus de deux mois de garanties supplémentaires aux locataires.

Cette pratique est contraire à la dernière réforme du LAU, à travers la RD 7/2019 du 1er mars, qui limite les garanties supplémentaires à un maximum de deux mensualités. Cependant, les propriétaires peuvent exiger plus de deux mois de loyer à titre de garanties supplémentaires si la location est prévue pour une longue durée, c'est-à-dire plus de cinq ans ou plus de sept ans dans le cas de bailleurs en tant que personnes morales.

Empêcher les extensions jusqu'à 5 ans

Selon la dernière réforme LAU, les locataires ont le droit de rester dans une propriété louée jusqu'à 5 ans. Certains propriétaires utilisent certaines astuces pour récupérer la propriété en invoquant de fausses causes de besoin, soit pour eux-mêmes, soit pour des parents proches. Il existe également une possibilité de reprise par voie légale.

Utiliser les locations résidentielles comme s'il s'agissait de locations touristiques

C'est le cas des bailleurs dont le logement était destiné à la location saisonnière et qui, pour ne pas être obligé de respecter les cinq ans auxquels les locataires ont droit, concluent des contrats de location d'une durée normalement inférieure à un année afin de récupérer ultérieurement le bien et de laisser le locataire sans son droit de prolongation. « Si les locataires prouvent que le but de la location était de résider de façon habituelle et permanente, alors le contrat devient automatiquement un contrat de location de logement, réglementé par la LAU, et non une location touristique », précise l'ANA.

Exploitation de logements subventionnés (protégés)

Les propriétaires sont également connus pour contourner et enfreindre les règles en matière de location de logements protégés ou subventionnés en Espagne (plus souvent appelés VPO, VPP, VPT, etc.), en particulier lorsqu'ils réservent les salles de débarras dans la propriété afin de garder leurs effets personnels, par exemple. Mais, comme le souligne l'étude, « les débarras des logements sont indissociables les uns des autres et doivent être remis aux locataires ».

Fréquentes infractions des locataires

Non-paiement du loyer

ANA souligne que « malheureusement, le retard de paiement est le principal défaut contractuel lorsqu'il s'agit de louer un bien immobilier en Espagne. Et les causes sont très différentes : d'une part, celles des « défaillants professionnels » qui ne paient pas leur loyer, intentionnellement, profitant principalement de propriétaires privés ou d'entreprises du secteur avec peu ou pas d'expérience. D'autre part, il y a des locataires qui sont prêts à payer mais qui n'en n'ont plus les moyens car, par exemple, ils sont devenus chômeurs. Dans ce dernier cas, un propriétaire privé n'a normalement pas la capacité financière nécessaire pour apporter une solution professionnelle à cette situation ».

Depuis le début de la pandémie, la dñefaillance de paiement des loyers est en augmentation chez les propriétaires privés, « sans l'expérience de la sélection et de la gestion des locataires et des immeubles locatifs », ajoutent les experts d'ANA.

Détérioration du logement : dommages et entretien du bien

Outre le non-paiement, la deuxième rupture de contrat la plus courante est celle où il y a des dommages importants à une propriété ou un mauvais entretien. Dans ces cas, le propriétaire reçoit le bien en mauvais état (état bien pire par rapport à l'état du bien en début de location), une situation à ne pas confondre avec la détérioration causée par le passage du temps ou l'usure naturelle. 

Utiliser la caution comme un mois de loyer

L'article 36 de la LAU réglemente tout ce qui a trait aux dépôts locatifs en Espagne, mais n'autorise en aucun cas le locataire à utiliser cette caution pour couvrir un mois de loyer. Par conséquent, l'étude insiste sur le fait que « c'est une utilisation illégale et répandue chez de nombreux locataires, qui craignent que le propriétaire ne rende pas la caution, et remplace le paiement du dernier mois par le montant de la caution ». Concernant la restitution de l'acompte, la LAU précise dans l'article 36.4 que le montant sera restitué au locataire à la fin du bail dans un délai d'un mois à compter de la remise des clés de la propriété.

Le locataire part avant la fin du contrat

C'est un autre problème courant chez les locataires en Espagne, qui considèrent le fait de quitter le logement quand ils le souhaitent comme un droit et qu'ils ne sont soumis à aucune pénalisation. Cependant, ANA rappelle que « cette hypothèse n'est vraie que si le contrat de location ne mentionne pas explicitement la pénalité lorsque le locataire résilie le contrat par anticipation ».

En revanche, si cette pénalité apparaît dans le contrat, et que le locataire abandonne le bien au bout de 6 mois, en avertissant le propriétaire 30 jours à l'avance, il aura une pénalité maximale équivalente à un mois de loyer pour chaque année du contrat restant à remplir, et pour des périodes inférieures à un an, la partie proportionnelle correspondante. Si le préavis de 30 jours n'est pas respecté, une amende supplémentaire peut également être appliquée.

Logement d'une personne supplémentaire

C'est une pratique répandue dans de nombreuses locations, « lorsque les locataires décident notamment de loger un ou plusieurs adultes de manière permanente dans la propriété sans le communiquer au propriétaire et donc sans leur inclusion obligatoire dans le contrat de location. Cette pratique peut poser de nombreux problèmes pour le propriétaire, puisque la personne, majeure, qui habite désormais le logement et n'est pas incluse dans le contrat de location, est exonérée de toutes obligations contractuelles, du paiement du loyer, de la durée du contrat, des réparations, etc. », explique l'étude.

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